En famille

Merci à Nicole pour la photo

Un couple de bernaches avec ses quatre enfants

En lisière d’un bois dégustait l’herbe drue,

Et rien n’était plus doux que ce tableau charmant,

Au seuil d’un nouveau jour, qui s’offrait à la vue.

.

Lentement s’éveillait la campagne alentour,

Et le temps paraissait consentir une trêve,

Sans doute le voulant faire durer toujours,

Ce bref instant de paix comme surgi d’un rêve.

AG

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Des hauts et des bas (A&A et Cie n°53)

Merci pour vos visites et vos commentaires durant mon absence.
photo YG

Deux chats demeuraient dans une maison.

Le premier disait qu’il montait la garde,

Et pour assurer sa haute fonction,

Il s’était approprié la mansarde.

*

L’autre, tout en bas, vivait au cellier,

Maudissant chaque jour son existence,

Réclamait son droit d’aller au grenier.

*

On lui répondait avec véhémence :

-Il n’est nulle place ici pour deux chats.

Je remplis une mission de confiance

Surveillant le grain, pourchassant les rats.

Tu es loin d’avoir cette compétence !

*

-Oh ! J’aimerais tant monter sur le toit !

De là j’imagine, on voit des merveilles.

Laisse-moi y venir juste une fois !

*

-Comment puis-je ouïr sottises pareilles ?

N’as-tu pas assez de la basse-cour ?

Tu n’as nul besoin d’en voir davantage !

*

Ainsi va le monde et depuis toujours :

Chacun veut défendre ses avantages.

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

et celle d’Océanique sur le blog :

Océanique

Publié dans Alain et l'Autre | 24 commentaires

Le jeune coq et le loup

photo YG

Éos*, d’un nouveau jour, venait d’ouvrir la porte.

Perché sur un vieux mur, chantait à plein gosier

Un juvénile coq. – Qui chante de la sorte ?

S’interrogea le loup, débouchant d’un hallier.

-Moi, répondit l’oiseau. Qu’en penses-tu, compère ?

-J’en suis émerveillé, mais tu peux faire mieux,

En chantant ainsi que le faisait feu ton père !

-Et comment ? dis-le moi. -Lui, il fermait les yeux.

Le coq obtempéra, n’y voyant pas malice.

D’un bond, le loup s’élance et le croque d’un coup !

Il est de beaux parleurs, de ces êtres duplices,

Qui sous des airs charmeurs, cachent des dents de loup.

AG

D’après une fable en parlanghe poitevin de Chapelot

*déesse grecque de l’aurore

A bientôt !

Publié dans Fables | 20 commentaires

L’âne et le papillon (A&A n°52)

photo Petitalan

-C’est moi ! Bonjour, Cadichon !

Lança d’une voix fluette

Un tout jeune papillon

Qui voletait sur l’herbette.

Te rappelles-tu de moi?

Autrefois, j’étais Charlotte,

La chenille, souviens-toi

Sur les feuilles de carottes !

Et me voici papillon !

*

-C’est toi ? J’ai peine à le croire.

A d’autres, lui dit l’ânon,

Va raconter cette histoire !

*

-Mais si ! Nous étions amis,

Toi, tu m’appelais Lolotte

Et moi je disais : Cadi !

*

-C’est vrai ! Tu es donc Charlotte ?

*

-Enfin tu as tout compris !

*

-Je voudrais avoir des ailes

Pour m’envoler moi aussi.

Notre campagne est si belle,

J’aimerais la voir d’en haut !

Est-ce possible, Charlotte ?

*

-Tu y parviendras tantôt

Si tu manges des carottes !

*

Cadichon voler ne put,

Que cela ne vous étonne,

Par contre il est devenu

Aimable comme personne !

*

Une chose l’on attend,

Et tout arrive autrement.

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

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D’où la nécessité de bien apprécier (A&A n° 51)

photo Petitalan

Dur métier

-Monsieur le commissaire, ils étaient deux garçons.

J’écrivais un roman. C’étaient mes personnages.

Voilà qu’ils sont partis comme deux polissons, 

A la cloche de bois, ont quitté le village !

Je vous prends à témoin : que peut faire un auteur

Dans ma situation ? Je sais bien qu’à cet âge,

On est inconséquent. Mais lui, mon éditeur,

N’en a cure, et sans eux, me voici au chômage !

Enquêtez, je vous prie, trouvez-les au plus tôt !

Ils auront sans doute voulu tourner la page,

Fatigués de mon style ou lassés de mes mots

Et puis trouvé refuge dans le voisinage,

Chez quelque homme de plume un peu mieux à leur goût.

Je les avais décrits, je l’avoue au passage,

Comme deux malfaisants, bons à rien, des voyous,

Garnements sans aveu, voleurs à l’étalage…

Nourriraient-ils quelque rancune à mon endroit?

-Ces deux enfants, monsieur, sont mes fils et j’enrage !

Les calomniant ainsi, vous enfreignez la loi.

Eux si droits, si charmants! Trêve de bavardage !

En attendant de vous emmener en prison,

Un policier prendra votre déposition.

Qu’elle soit convaincante et de bonne facture !

Sachez que j’aime la bonne littérature !

Dorénavant, je prendrai garde à mes propos.

Le métier d’écrivain n’est pas de tout repos !

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

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