Quand le ciel oblige (A&A n°45)

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photo Petitalan

Fabricant de parapluies,

Travailleur et bon garçon,

Il aimait beaucoup la pluie,

On en comprend la raison,

Plus encore le Déluge,

Que quarante jours durant

Les clients cherchent refuge

Sous son petit toit pliant !

 *

Mais il savait d’expérience

Que rien ne dure ici-bas.

Viennent l’été, les vacances,

Il ne se démontait pas :

 *

Quand sortaient les demoiselles

Sous le soleil radieux,

Il leur vendait des ombrelles

Pour elles et leur amoureux.

Les parasols pour la plage

Très joliment décorés,

Pour tous les goûts, tous les âges,

Étaient sa spécialité.

 *

Des changements climatiques

Il était peu soucieux

Et chantait dans sa boutique.

Toujours il était heureux !

*

Dans une seule entreprise

Placer tout son capital,

Lorsque survient une crise

Peut, hélas, être fatal.

AG

Je vous invite à visiter l’autre version, celle d’Alain Ménez, le jour de la publication,

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Le blog de Petitalan

Et puis je passe vous rendre visite avant une petite pause.

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Publié dans Alain et l'Autre | 16 commentaires

Le Passe-muraille

Statue Uzerche visage étonnéphoto YG église d’Uzerche (Corrèze)

Mais que fais-tu ? Prends garde à toi, Passe-muraille !

Le monde où tu t’en vas ne me dit rien qui vaille.

Il n’est là-bas que pleurs, cris, grincement de dents,

Le faible y est broyé sous les pieds du puissant.

*

Mais toi, tu tiens à te jeter dans la bataille.

Au prix de tout subir, va, s’il faut que tu ailles !

On dit qu’en ce pays, même aux cieux les plus noirs

Brille une Rose d’or, et toi tu veux la voir.

*

Tu dis : hors Celle-là, seule pour moi qui vaille,

J’irai par vaux et monts où j’en ferai semailles,

Et tant pis si sa fleur aura demain fané,

Au moins pourra-t-on dire : un jour, elle a été.

AG

 

Publié dans Poèmes | 30 commentaires

La marmite

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peinture (détail) de Jos Goemaer (vers 1600)

 Musée de la Gourmandise

Belgique

 

La marmite

***

Jean-le-Sot vient du marché,

Sur son dos, une marmite.

Mais qu’elle est lourde à porter !

Il ne marche pas bien vite.

 

Il fait si chaud, c’est l’été !

Arrivant à la rivière,

Jean pour se désaltérer,

Pose le fardeau par terre.

 

Hélas, il faut repartir !

 

Mais tu as trois pieds, j’y pense,

Tu pourrais bien t’en servir !

Lance-t-il au pot. Avance !

Tu dois marcher mieux que moi !

 

Mais chez l’autre, rien ne bouge.

On se demande pourquoi.

 

Alors Jean-le-Sot voit rouge :

Saisissant un gros caillou,

Violemment il le projette

Sur la marmite, d’un coup,

Qui éclate et vole en miettes.

 

De retour à la maison,

Plus le pauvre enfant s’explique,

Et plus, la situation

Dans sa tête se complique !

 

La mère, essuyant ses pleurs

Le console et puis l’embrasse,

Espérant des jours meilleurs

Et soupire, un ange passe…

AG

 

(D’après un récit populaire)

 

Publié dans Humour | 30 commentaires

La grenouille de l’agora (A&A n° 44)

la grenouille d'Avallonphoto YG

Un homme fut témoin de la fin pitoyable

De la grenouille qui, au dire de la fable,

Voulant d’un puissant bœuf égaler la grosseur,

Finit par éclater. Cet homme était sculpteur.

*

Voyant tout le pays railler la vaniteuse,

Composer des chansons aux rimes peu flatteuses,

Il s’en revint chez lui, fuyant par-dessus tout

Cette foule qui aime hurler avec les loups.

*

La chétive pécore il sculpta dans la pierre

Plus grosse que nature, élégante, altière,

Et la fit déposer au cœur de l’agora.

On vient la saluer maintenant chapeau bas!*

*

Pour voir à son profit se retourner le sort,

Il arrive qu’il faille attendre d’être mort !

AG

*Rien n’est vrai dans cette histoire. La statue par contre existe bien, à Avallon.

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Publié dans Alain et l'Autre | 23 commentaires

Le pigeon et la fillette à la fontaine (A&A n°43)

160514  L 001 (14) (1)photo Petitalan

-N’a-t-elle point fini ? se disait un pigeon

Voyant une fillette boire à la fontaine.

Moi aussi j’ai grand soif. Demoiselle, pressons !

Mais non, regardez-la, dédaigneuse, hautaine !

*

J’imagine même qu’ avoir tout bu

Peut-être on la verra pousser la perfidie

Jusqu’à jeter vers moi quelque caillou pointu.

“Cet âge est sans pitié”, aussi je me méfie.

*

Le soleil est brûlant. Que j’ai le gosier sec !

Et la voilà qui joue avec l’eau sans vergogne

Et qui rit aux éclats ! Je ne sens plus mon bec,

Mon cœur en mon poitrail tel un dératé cogne.

*

-Oh pardon, bel oiseau, je ne t’avais pas vu !

Viens te désaltérer, je te laisse la place !

Dit la fille au pigeon soudainement confus

Et dont l’emportement comme un charme s’efface.

*

Souvent à part soi de l’autre on médit.

Mieux vaut se parler, entre nous soit dit.

 AG

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Publié dans Alain et l'Autre | 49 commentaires