Le Renard et le Corbeau (A&A et Cie n° 75)

photo Petitalan

Bien longtemps après la fable…

-Bonjour, Maître Renard ! fit un jour le Corbeau,

Fort prudemment perché sur la plus haute branche.

Tu passes sans rien dire et tu fais le faraud,

Ne pourrais-tu au moins me souhaiter bon dimanche ?

 *

-Dans la fable jadis, sinistre laideron,

Répondit le Goupil, j’ai loué ton ramage.

Aujourd’hui, peu me chaut ton stupide sermon.

Si je fis compliment, c’était pour le fromage !

 *

-Tu es un triste sire, et jamais, tu m’entends,

A toi ni tes pareils je ne ferai confiance !

Et moi qui avais cru en tes bons sentiments…

 Mais pendard, tu auras bientôt ta récompense !

Tu fais le beau parleur, tu charmes, tu souris,

Or je connais par cœur la noirceur de ton âme.

Sur les réseaux Zozios, tu n’auras plus d’amis 

Car je vais publier ton vrai profil, infâme !

*

-Non ! Tu n’oserais pas ? Tiens, je cours au marché

Et te rapporte ici le meilleur des fromages :

Du Munster, de l’Edam ou encor’ du Comté,

Un énorme ! Et après, si tu veux on partage !

*

-Mensonge que cela ! Entre nous, c’est fini !

Souviens-toi que celui, usant de stratagème,

Qui se plaît à causer préjudice à autrui,

Se fait sans le savoir un grand tort à soi-même !

AG

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Un froid de canard ! (A&A et Cie n°74)

photo Petitalan

-Il fait un froid de canard, ne trouvez-vous pas, mes soeurs ?

-De canard, c’est bien le mot ! dirent les mouettes en choeur.

.

Le colvert ouvrant un œil : -Vous tairez-vous, péronnelles ?

Silence ! N’avez-vous donc rien dans la cervelle ?

.

-Allons, ne le prends pas mal. C’était juste un trait d’humour !

.

-Parlez plus bas ! Des chasseurs sont aux alentours

Qui rêvent de canard aux pommes ou à l’orange !

Ces êtres, voyez-vous, nous cuisent et nous mangent !

Ils attendent cachés le temps des migrations

Pour semer parmi nous la mort sans sommations !

.

-Quelle horreur ! Mais pourquoi, l’ami, au lieu de geindre

De suite à qui de droit ne vas-tu pas te plaindre ?

.

                         -Me plaindre, mais à qui ?

                                                                    -Alors pars te cacher,

Car si tu restes ici, tes pattes vont geler !

.

-Je ne reverrai plus mon pays, ma famille !

.

-Nous allons avec toi voler en escadrille ,

Au-dessus des étangs. Cesse de larmoyer !

Une loi nous protège, ils n’oseront tirer.

*

Le canard fut ainsi sauvé par ses compagnes.

La solidarité soulève des montagnes.

AG

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Sur la branche (A&A et Cie n°73)

Photo Petitalan

Avant-deux ! lança la brindille,

Au pigeon venu se poser

Près d’elle. Sais-tu le quadrille ?

C’est dimanche, allons viens danser !

*

L’autre faisait la sourde oreille.

Il avait bien d’autres soucis,

Ayant juste échappé la veille

Au chasseur avec son fusil.

*

On peut être deux sur la branche

Et pourtant seul, même un dimanche !

AG

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Le saule et le héron (A&A et Cie n°72)

photo Petitalan

Un héron très bavard, qui cherchait aventure,

Apercevant un saule en lisière d’un bois,

Lia conversation : “J’admire votre allure,

Vous qui céans trônez à l’instar d’un grand roi.

Vous en avez le port, que dis-je, le panache,

En un mot, la sagesse, apanage des ans,

Solidement ancré sur le plancher des vaches,

Au contraire de moi, jouet de tous les vents.

On se rit de mon bec, de mon corps longiligne,

On brocarde mon cri pourtant mélodieux.

Il est vrai, je n’ai rien de la grâce du cygne,

Mais les gens sont méchants ou peut-être envieux.

L’autre jour, un pivert, j’en ai eu de la peine,

Critiqua mon plumage, affligeant à son goût !

Je suis bien malheureux. Enfin, à la prochaine !

Cela m’a fait du bien, ce dialogue avec vous.

Au silence réduit par cette logorrhée,

Le saule regarda s’éloigner le héron.

De l’échange, il avait une toute autre idée,

Mais dans le cas présent, il se dit : A quoi bon ?

AG

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La rose et le buste (A&A et Cie n°71)

photo Petitalan

Quand revient le coucou, c’était au mois de mai,

On vit dans un jardin, chose bien singulière,

Mais chacun sa folie en ce monde, il est vrai,

Une rose s’éprendre d’un buste de pierre.

A peine venait-elle, innocente, d’éclore,

Qu’elle tomba sous le charme de sa beauté.

Elle aurait tant voulu grandir encor’ encore,

Se rapprocher de lui au point de le toucher !

Mais il semblait si loin, tout droit parmi les arbres, 

Et ne la voyait pas. Aux appels de son cœur,

Si doux, si parfumés, il demeurait de marbre.

Jusqu’au dernier soupir, elle en versa des pleurs !

*

Tant d’êtres ici-bas vivent pareilles choses,

C’est le lot des humains aussi bien que des roses !

AG

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