Le merle

Merlephoto YG

De ma vigne, un merle voleur

A picoré toutes les grappes.

Je l’ai vu : il saute en hauteur,

D’un coup de bec, il les attrape !

.

-C’est mon raisin, monsieur l’oiseau !

Ne suis-je pas propriétaire

De ce lopin, payant l’impôt,

Acte conclu devant notaire ?

.

Le passereau m’a ri au nez :

.

-Je n’y étais point, votre altesse,

Ni sur parchemin n’ai signé !

.

Il n’avait pas tort en l’espèce.

AG

 

Publié dans Humour | 28 commentaires

La pie et la lumière (A&A n°47)

T999 pie et lumière 160630  PC 001 (1) (1)

photo Petitalan

Dame Pie, haut perchée à l’abri du feuillage,

Vit soudain s’approcher un objet lumineux.

Il était rond, très blanc, léger comme un nuage

Et flottait dans les airs. -Qui êtes-vous, monsieur ?

S’enquit l’oiseau bavard. Approchez je vous prie

Et causons tous les deux. Soyez le bienvenu !

Votre vol est gracieux. Ma foi, je vous envie.

-Seriez-vous un oiseau ? demanda l’inconnu.

-Oui monsieur, c’est ainsi que m’appellent les hommes.

Au vrai, je suis Margot. -J’en suis un moi aussi

Quoique bien différent, un congénère en somme !

-Vous seriez un oiseau ? -Oui, je vis loin d’ici.

Lors de ma migration de Vénus à Neptune,

Le vent solaire m’a poussé jusque céans.

Pourriez-vous m’indiquer le chemin de la Lune ?

De là-bas, je saurai m’orienter aisément.

-Séléné va venir, mais attendons, patience !

A minuit, vous verrez se lever son croissant

Et vous pourrez partir. Mais d’ici là, je pense,

Nous pourrions jacasser, nous avons bien le temps !

*

Longtemps on discuta. Quand se leva la Lune,

L’inconnu disparut non sans un au revoir

A notre pie, avec l’espoir que, de fortune,

Un jour le vent fripon le ramène la voir.

*

Loin de se regarder tels deux chiens de faïence,

Ils ont su se parler. C’est beau quand on y pense.

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez sur le blog : 

Le blog de Petitalan

 

Publié dans Alain et l'Autre | 32 commentaires

La corneille et la mer (A & A n°46)

T999 la corneille 160704 PC Pointe de Sizun 012photo Petitalan

Point noir sur fond d’azur, comme narguant la mer

Et la fureur des flots, d’une voix sans pareille,

Sans égards pour l’abîme et ses gouffres amers,

Du haut d’un grand rocher, criait une corneille.

*

-Oserais-tu de tes pauvres croassements,

Rugit Poséidon tout écumant de rage,

Troubler mon univers et braver l’océan ?

*

-Loin de moi le dessein de vous porter ombrage,

Dit l’oiseau d’Athéna. Je voulais par mon chant

De votre majesté célébrer les louanges.

*

Poséidon sourit :-J’accepte ton présent,

Bien qu’il me soit offert en un idiome étrange.

Chacun fait comme il peut !

*

Qui pourrait dire mieux ?

AG

Je vous invite à visiter l’autre version, celle d’Alain Ménez, le jour de la publication,

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Le blog de Petitalan

Publié dans Alain et l'Autre | 43 commentaires

Quand le ciel oblige (A&A n°45)

160516 PC 006

photo Petitalan

Fabricant de parapluies,

Travailleur et bon garçon,

Il aimait beaucoup la pluie,

On en comprend la raison,

Plus encore le Déluge,

Que quarante jours durant

Les clients cherchent refuge

Sous son petit toit pliant !

 *

Mais il savait d’expérience

Que rien ne dure ici-bas.

Viennent l’été, les vacances,

Il ne se démontait pas :

 *

Quand sortaient les demoiselles

Sous le soleil radieux,

Il leur vendait des ombrelles

Pour elles et leur amoureux.

Les parasols pour la plage

Très joliment décorés,

Pour tous les goûts, tous les âges,

Étaient sa spécialité.

 *

Des changements climatiques

Il était peu soucieux

Et chantait dans sa boutique.

Toujours il était heureux !

*

Dans une seule entreprise

Placer tout son capital,

Lorsque survient une crise

Peut, hélas, être fatal.

AG

Je vous invite à visiter l’autre version, celle d’Alain Ménez, le jour de la publication,

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Et puis je passe vous rendre visite avant une petite pause.

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Publié dans Alain et l'Autre | 42 commentaires

Le Passe-muraille

Statue Uzerche visage étonnéphoto YG église d’Uzerche (Corrèze)

Mais que fais-tu ? Prends garde à toi, Passe-muraille !

Le monde où tu t’en vas ne me dit rien qui vaille.

Il n’est là-bas que pleurs, cris, grincement de dents,

Le faible y est broyé sous les pieds du puissant.

*

Mais toi, tu tiens à te jeter dans la bataille.

Au prix de tout subir, va, s’il faut que tu ailles !

On dit qu’en ce pays, même aux cieux les plus noirs

Brille une Rose d’or, et toi tu veux la voir.

*

Tu dis : hors Celle-là, seule pour moi qui vaille,

J’irai par vaux et monts où j’en ferai semailles,

Et tant pis si sa fleur aura demain fané,

Au moins pourra-t-on dire : un jour, elle a été.

AG

 

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