L’omelette aux champignons

Agénor et Nicolette

Qui cherchaient des champignons,

Ont découvert dans l’herbette

Quatre jolis mousserons.

*

-Cueillons-les ! dit Nicolette.

Ce soir nous les mangerons.

Nous ferons une omelette

Avec des œufs de pigeons.

*

Agénor et Nicolette

Sont allés au pigeonnier,

Ont trouvé en leur cachette

Quatre beaux œufs de ramiers.

*

-Merveilleux ! dit Nicolette.

Agénor, va les chercher !

Mais sans tambour ni trompette,

Les pigeons sont arrivés.

*

Agénor et Nicolette

Ont décampé sur-le-champ.

-Adieu la belle omelette !

Dit Agénor mécontent.

*

Enfin, répond Nicolette,

Tout n’est pas perdu, voyons.

Ne fais donc pas cette tête,

Il reste les champignons !

AG

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Le chien trop philosophe (A & A et Cie n° 56)

photo Petitalan

Cet article est programmé.

Un épagneul à ses frères

Disait sa réprobation

Constatant tout le vulgaire

De leurs préoccupations :

-Vous épiez les gens qui passent,

Ainsi que font les badauds !

A tous deux, grand bien vous fasse !

Moi je n’ai pas ce défaut.

Vous voir bayer aux corneilles,

Et gloser à tout propos

De la jeune ou de la vieille,

Du plus chic ou du moins beau,

Qui sur le trottoir défilent

En jupette ou en manteau,

Ce manège m’horripile !

Moi je vise bien plus haut :

Je philosophe en silence,

Voilà qui est noble et beau !

Ce monde est sans importance.

De vos cancans, peu me chaut !

*

-Ah ! Voici notre maîtresse !

S’exclamèrent les deux chiens,

Soudain le cœur en liesse.

Mais c’est un os qu’elle tient !

*

Le premier lève une oreille :

-Vous ai-je bien entendus ?

*

-Oui, un os, une merveille !

Mais pour toi, de beau féru,

Cela n’a pas d’importance,

Ainsi que tu nous l’as dit.

En paix ronge ton silence,

Et surtout, bon appétit!

*

Tout réside dans la dose :

L’excès nuit en toute chose.

AG

Je reprends bientôt mes visites et vous invite à lire,

inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

et celle d’Océanique sur le blog :

Océanique

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Les deux vaches

La foi, ne dit-on pas, soulève des montagnes !

*

Fortes de cet adage, et n’ayant froid aux yeux,

Deux vaches, apercevant un grand mât de cocagne,

Convinrent d’y monter. Qui gagnera des deux ?

*

A l’assaut vers l’azur les voilà qui se ruent,

Mais avec précaution, tous les sens en éveil,

Mesurant chaque pas les rapprochant des nues.

Tandis qu’elles grimpaient d’un aplomb sans pareil,

Pantoise, tout en bas s’agglutinait la foule.

Chacun de leur crier : « Renoncez au plus tôt !

Vous allez vous tuer ! Ces deux-là sont maboules ! »

Si l’une abandonna, ébranlée à ces mots,

L’autre n’en avait cure, elle atteignit la cime,

Puis elle descendit, s’en alla simplement,

Et comme elle était sourde, on comprend aisément,

Qu’elle n’entendit rien des vivats unanimes.

*

Serait-ce la surdité

Qui l’aurait fait l’emporter ?

AG

photo : Les Rousses (39)

D’après une histoire lue sur un blog

***

Petite pause estivale. A bientôt !

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Contrariété (A&A et Cie n° 55)

photo Petitalan

– Qu’ai-je donc fait, Poséidon,

Pour que se déverse ton ire

A coups redoublés sur mon front ?

T’ai-je offensé ou même pire ?

Toi qui es roi, de ton trident,

Qui règnes sur mers et rivières,

N’es-tu pas d’abord mon enfant,

A moi qui suis la Terre-Mère ?

Lorsque j’émergeai du Néant,

Ne t’ai-je pas donné naissance

Ainsi qu’au monde, aux océans ?

Voilà donc ta reconnaissance !

On te dit nerveux, querelleur,

Intrigant contre Zeus lui-même.

De tous enfin, par ta fureur, 

Veux-tu encourir l’anathème ?

.

Pas ce mot, Gaïa, par pitié !

Oui, je dépasse la mesure,

Mais suite à la contrariété,

Je dirais même à cette injure

Que m’inflige l’humanité :

Déchets divers, produits chimiques

Dans mon paradis déversés,

Tout un continent de plastique !

Cela m’énerve et tout de bon,

Excite, enfièvre mes atomes

Qui, je t’en demande pardon,

En retour, frappent ton royaume.

Ma colère, je le sais bien,

Est excessive, indéfendable.

Elle explose, je n’y puis rien.

J’ai toujours été irritable !

.

Je me réveillai en sursaut.

Des enfants jouaient sur la plage.

La mer dansait. Il faisait beau.

Le dieu, pour l’heure, était bien sage.

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

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Océanique

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Le corbeau sur un banc (A&A et Cie n°54)

photo Petitalan

Maître Corbeau broyait du noir.

Sur un banc perché, solitaire,

Il ruminait son désespoir :

Et maintenant, que vais-je faire ?

Hier encor’ sous les charmilles,

Elle murmurait mon prénom.

Je lui offrais une chenille, 

Gage de mon amour profond.

Elle était belle et davantage,

Me dévorait de ses doux yeux,

Sans cesse louait mon ramage,

Enfin nous étions amoureux.

Aujourd’hui, fin de l’aventure !

Point d’amie à mon rendez-vous,

Que le silence et la froidure.

Adieu mes espoirs les plus fous !

-Sois patient ! lui lança Renard

Qui passait par là d’aventure.

Elle a juste un peu de retard,

Ne fais donc pas cette figure !

Tu as bien tort de t’alarmer.

Elle va venir, sois tranquille !

La cigogne m’a raconté

Qu’on circule très mal en ville.

Elle aura fait les magasins.

Ce sont les soldes, c’est tout dire,

Ou bien rencontré des voisins.

Cesse d’imaginer le pire !

Songe plutôt à lui chanter

Quelque charmante ritournelle…

Tiens, la voici, très en beauté !

Tâche d’être aimable avec elle !

Tu sais, les humains font de même :

Ils s’inquiètent pour ceux qu’ils aiment.

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

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Le blog de Petitalan

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Océanique

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