Les deux vaches

La foi, ne dit-on pas, soulève des montagnes !

*

Fortes de cet adage, et n’ayant froid aux yeux,

Deux vaches, apercevant un grand mât de cocagne,

Convinrent d’y monter. Qui gagnera des deux ?

*

A l’assaut vers l’azur les voilà qui se ruent,

Mais avec précaution, tous les sens en éveil,

Mesurant chaque pas les rapprochant des nues.

Tandis qu’elles grimpaient d’un aplomb sans pareil,

Pantoise, tout en bas s’agglutinait la foule.

Chacun de leur crier : « Renoncez au plus tôt !

Vous allez vous tuer ! Ces deux-là sont maboules ! »

Si l’une abandonna, ébranlée à ces mots,

L’autre n’en avait cure, elle atteignit la cime,

Puis elle descendit, s’en alla simplement,

Et comme elle était sourde, on comprend aisément,

Qu’elle n’entendit rien des vivats unanimes.

*

Serait-ce la surdité

Qui l’aurait fait l’emporter ?

AG

photo : Les Rousses (39)

D’après une histoire lue sur un blog

***

Petite pause estivale. A bientôt !

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Contrariété (A&A et Cie n° 55)

photo Petitalan

– Qu’ai-je donc fait, Poséidon,

Pour que se déverse ton ire

A coups redoublés sur mon front ?

T’ai-je offensé ou même pire ?

Toi qui es roi, de ton trident,

Qui règnes sur mers et rivières,

N’es-tu pas d’abord mon enfant,

A moi qui suis la Terre-Mère ?

Lorsque j’émergeai du Néant,

Ne t’ai-je pas donné naissance

Ainsi qu’au monde, aux océans ?

Voilà donc ta reconnaissance !

On te dit nerveux, querelleur,

Intrigant contre Zeus lui-même.

De tous enfin, par ta fureur, 

Veux-tu encourir l’anathème ?

.

Pas ce mot, Gaïa, par pitié !

Oui, je dépasse la mesure,

Mais suite à la contrariété,

Je dirais même à cette injure

Que m’inflige l’humanité :

Déchets divers, produits chimiques

Dans mon paradis déversés,

Tout un continent de plastique !

Cela m’énerve et tout de bon,

Excite, enfièvre mes atomes

Qui, je t’en demande pardon,

En retour, frappent ton royaume.

Ma colère, je le sais bien,

Est excessive, indéfendable.

Elle explose, je n’y puis rien.

J’ai toujours été irritable !

.

Je me réveillai en sursaut.

Des enfants jouaient sur la plage.

La mer dansait. Il faisait beau.

Le dieu, pour l’heure, était bien sage.

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

et celle d’Océanique sur le blog :

Océanique

Publié dans Alain et l'Autre | 25 commentaires

Le corbeau sur un banc (A&A et Cie n°54)

photo Petitalan

Maître Corbeau broyait du noir.

Sur un banc perché, solitaire,

Il ruminait son désespoir :

Et maintenant, que vais-je faire ?

Hier encor’ sous les charmilles,

Elle murmurait mon prénom.

Je lui offrais une chenille, 

Gage de mon amour profond.

Elle était belle et davantage,

Me dévorait de ses doux yeux,

Sans cesse louait mon ramage,

Enfin nous étions amoureux.

Aujourd’hui, fin de l’aventure !

Point d’amie à mon rendez-vous,

Que le silence et la froidure.

Adieu mes espoirs les plus fous !

-Sois patient ! lui lança Renard

Qui passait par là d’aventure.

Elle a juste un peu de retard,

Ne fais donc pas cette figure !

Tu as bien tort de t’alarmer.

Elle va venir, sois tranquille !

La cigogne m’a raconté

Qu’on circule très mal en ville.

Elle aura fait les magasins.

Ce sont les soldes, c’est tout dire,

Ou bien rencontré des voisins.

Cesse d’imaginer le pire !

Songe plutôt à lui chanter

Quelque charmante ritournelle…

Tiens, la voici, très en beauté !

Tâche d’être aimable avec elle !

Tu sais, les humains font de même :

Ils s’inquiètent pour ceux qu’ils aiment.

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

et celle d’Océanique sur le blog :

Océanique

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En famille

Merci à Nicole pour la photo

Un couple de bernaches avec ses quatre enfants

En lisière d’un bois dégustait l’herbe drue,

Et rien n’était plus doux que ce tableau charmant,

Au seuil d’un nouveau jour, qui s’offrait à la vue.

.

Lentement s’éveillait la campagne alentour,

Et le temps paraissait consentir une trêve,

Sans doute le voulant faire durer toujours,

Ce bref instant de paix comme surgi d’un rêve.

AG

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Des hauts et des bas (A&A et Cie n°53)

Merci pour vos visites et vos commentaires durant mon absence.
photo YG

Deux chats demeuraient dans une maison.

Le premier disait qu’il montait la garde,

Et pour assurer sa haute fonction,

Il s’était approprié la mansarde.

*

L’autre, tout en bas, vivait au cellier,

Maudissant chaque jour son existence,

Réclamait son droit d’aller au grenier.

*

On lui répondait avec véhémence :

-Il n’est nulle place ici pour deux chats.

Je remplis une mission de confiance

Surveillant le grain, pourchassant les rats.

Tu es loin d’avoir cette compétence !

*

-Oh ! J’aimerais tant monter sur le toit !

De là j’imagine, on voit des merveilles.

Laisse-moi y venir juste une fois !

*

-Comment puis-je ouïr sottises pareilles ?

N’as-tu pas assez de la basse-cour ?

Tu n’as nul besoin d’en voir davantage !

*

Ainsi va le monde et depuis toujours :

Chacun veut défendre ses avantages.

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

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Océanique

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