Pour ne rien dire… (A & A et Cie n° 58)

photo Petitalan

Au milieu d’un grand bois, trois chiens s’étaient perdus.

Pour narrer le pourquoi, le comment de l’affaire,

Un développement serait le bienvenu.

Allons même plus loin, hautement nécessaire !

Or, il n’en sera rien, pour l’unique raison

Que j’en ignore tout. Voilà qui peut surprendre.

Ces chiens, en vérité, je ne sais qui ils sont,

Aussi, de leur état, que puis-je vous apprendre ?

Rien ou si peu de chose, il faut en convenir.

Et quant au dénouement de leur mésaventure,

Ne comptez pas sur moi pour aller vous mentir.

Je ne saurais vous en dévoiler la nature,

Car je n’étais point là, ni même aux alentours.

J’ai pourtant essayé, sollicitant ma plume,

Mais la rebelle me refusa son concours,

Arguant qu’à la campagne, elle avait pris un rhume !

*

A conclure, il faut me résigner désormais,

Refermer l’encrier, surtout ne plus écrire,

Car vous imaginez combien je m’en voudrais

De vous parler pour ne rien dire !

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

et celle d’Océanique sur le blog :

Océanique

Publié dans Alain et l'Autre | 29 commentaires

Le premier pas (A&A et Cie n°57)

photo Petitalan

Une petite échasse blanche,

Devant tous les siens réunis,

Par un beau matin de dimanche,

Quitta le paternel logis.

Elle rêvait d’un grand voyage.

Un goéland lui avait dit

Que bien au-delà du rivage,

Il existait un paradis,

Un réel pays de cocagne

Où le ciel était toujours bleu.

.

-Je franchirai vaux et montagnes,

Mais je veux le voir de mes yeux !

Disait-elle, et à mon retour,

Comme Ulysse le fit naguère,

Je vous conterai mon séjour.

.

-Sois prudente ! lui dit sa mère.

.

Chacun pleura, mais hardiment

La jouvencelle prit la route

Sans plus attendre, se disant

Que c’est le premier pas qui coûte.

AG

Je vous invite à lire, inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

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Océanique

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L’omelette aux champignons

Agénor et Nicolette

Qui cherchaient des champignons,

Ont découvert dans l’herbette

Quatre jolis mousserons.

*

-Cueillons-les ! dit Nicolette.

Ce soir nous les mangerons.

Nous ferons une omelette

Avec des œufs de pigeons.

*

Agénor et Nicolette

Sont allés au pigeonnier,

Ont trouvé en leur cachette

Quatre beaux œufs de ramiers.

*

-Merveilleux ! dit Nicolette.

Agénor, va les chercher !

Mais sans tambour ni trompette,

Les pigeons sont arrivés.

*

Agénor et Nicolette

Ont décampé sur-le-champ.

-Adieu la belle omelette !

Dit Agénor mécontent.

*

Enfin, répond Nicolette,

Tout n’est pas perdu, voyons.

Ne fais donc pas cette tête,

Il reste les champignons !

AG

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Le chien trop philosophe (A & A et Cie n° 56)

photo Petitalan

Cet article est programmé.

Un épagneul à ses frères

Disait sa réprobation

Constatant tout le vulgaire

De leurs préoccupations :

-Vous épiez les gens qui passent,

Ainsi que font les badauds !

A tous deux, grand bien vous fasse !

Moi je n’ai pas ce défaut.

Vous voir bayer aux corneilles,

Et gloser à tout propos

De la jeune ou de la vieille,

Du plus chic ou du moins beau,

Qui sur le trottoir défilent

En jupette ou en manteau,

Ce manège m’horripile !

Moi je vise bien plus haut :

Je philosophe en silence,

Voilà qui est noble et beau !

Ce monde est sans importance.

De vos cancans, peu me chaut !

*

-Ah ! Voici notre maîtresse !

S’exclamèrent les deux chiens,

Soudain le cœur en liesse.

Mais c’est un os qu’elle tient !

*

Le premier lève une oreille :

-Vous ai-je bien entendus ?

*

-Oui, un os, une merveille !

Mais pour toi, de beau féru,

Cela n’a pas d’importance,

Ainsi que tu nous l’as dit.

En paix ronge ton silence,

Et surtout, bon appétit!

*

Tout réside dans la dose :

L’excès nuit en toute chose.

AG

Je reprends bientôt mes visites et vous invite à lire,

inspirée par la même image,

la fable d’Alain Ménez à la date de parution sur le blog : 

Le blog de Petitalan

et celle d’Océanique sur le blog :

Océanique

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Les deux vaches

La foi, ne dit-on pas, soulève des montagnes !

*

Fortes de cet adage, et n’ayant froid aux yeux,

Deux vaches, apercevant un grand mât de cocagne,

Convinrent d’y monter. Qui gagnera des deux ?

*

A l’assaut vers l’azur les voilà qui se ruent,

Mais avec précaution, tous les sens en éveil,

Mesurant chaque pas les rapprochant des nues.

Tandis qu’elles grimpaient d’un aplomb sans pareil,

Pantoise, tout en bas s’agglutinait la foule.

Chacun de leur crier : « Renoncez au plus tôt !

Vous allez vous tuer ! Ces deux-là sont maboules ! »

Si l’une abandonna, ébranlée à ces mots,

L’autre n’en avait cure, elle atteignit la cime,

Puis elle descendit, s’en alla simplement,

Et comme elle était sourde, on comprend aisément,

Qu’elle n’entendit rien des vivats unanimes.

*

Serait-ce la surdité

Qui l’aurait fait l’emporter ?

AG

photo : Les Rousses (39)

D’après une histoire lue sur un blog

***

Petite pause estivale. A bientôt !

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