*

Vive la science !

 

Pièce en un acte et sept scènes

(temps de lecture : 20 min environ)

 

Les personnages :

 

Lise Martin 25 ans – aide à domicile

Paul Delmont 75 ans – physicien en retraite

Gontrand Delmont 30 ans neveu de Paul Delmont

Kévin Moutard un voyou – la trentaine

Max Goyonsky ami de Kévin – idem

L’adjudant-chef

Un gendarme

Deux pompiers

Un serrurier

 

 

Scène I

 

Une cuisine. Lise Martin, aide à domicile, prépare le repas de midi. Une porte à droite, une à gauche (l’entrée), une au fond. Sur celle côté jardin, un écriteau : « Laboratoire Entrée interdite« . Au centre, une table avec une chaise. Sur un meuble bas dans un coin, un écran plat et un téléphone. Une pendule au mur indique midi.

 

LISE

(Seule, parlant très fort)

M’sieur Delmont ! Le repas est prêt, il est midi !

(Elle agite une clochette.)

 

Ah ! J’ai oublié le pain… La serviette, le café…

M’sieur Delmont ! A table !

Je vais brancher la cafetière, ce sera fait…

M’sieur Delmont, vous m’entendez ?

(Elle va à la porte du laboratoire et tambourine.)

 

Monsieur Delmont !

Ça alors ! Mais qu’est-ce qui se passe ? Et cette porte qui est toujours fermée à clé ! C’est malin, ça aussi ! Je vais pas le bouffer, son laboratoire !

Monsieur Delmont ! Répondez ! Venez déjeuner !… Pas un bruit. Mon Dieu, il lui est peut-être arrivé quelque chose ? Le numéro de son neveu, où je l’ai mis ?

(Elle prend un carnet sur le meuble près du téléviseur.)

 

Ah ! voilà, c’est ça. (Elle compose le numéro.) Pourvu qu’il y ait quelqu’un !… Ah ! C’est pas vrai, il y a personne, que cette saleté de répondeur !  ! (Revenant à la porte du laboratoire .) J’essaie une dernière fois : Monsieur Delmont ! Monsieur, répondez, enfin ! Bon, y a pas à hésiter. Allô, les pompiers ?…

 

RIDEAU

 

Scène II

 

Même décor. Lise, deux gendarmes, deux pompiers et un serrurier.

 

LE SERRURIER

C’est que la clé est restée dans la serrure. Ce sera un peu plus long, mais je vais y arriver.

(Au bout d’un moment.)

Voilà, ça y est !

(La porte s’ouvre. Les gendarmes entrent. L’adjudant-chef ressort.)

 

L’ADJUDANT-CHEF

Merci. Vous pouvez disposer. (Le serrurier sort.) Mais… Il n’y a personne ! La pièce est vide !

 

LISE

Vide ? C’est pas possible !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Voyez par vous- même, il n’y a personne !

 

LISE

(Elle passe la tête par la porte.)

Mince alors ! Ça, j’y crois pas ! Mais où il est passé ?

 

L’ADJUDANT-CHEF

Vous êtes sûre que monsieur Delmont se trouvait bien dans cette pièce ?

 

LISE

Sûre ! Il y est entré comme tous les matins après son petit déjeuner vers neuf heures et demie.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Et il n’en est pas sorti de la matinée ?

 

LISE

Ben non.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Comment pouvez-vous être aussi affirmative ?

 

LISE

J’ai pas bougé de la cuisine ! J’ai fait la vaisselle du petit déjeuner, balayé, lavé par terre, et après j’avais tout l’épluchage pour le pot-au -feu. J’ai mis le couvert, et voilà.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Sans sortir ?

 

LISE

Ben non. J’avais pas besoin, tout est là.

 

UN POMPIER

Dites, chef, vu qu’il n’y a pas de blessé, on peut y aller ?

 

L’ADJUDANT-CHEF

Oui, oui, bien sûr. Merci de vous être déplacés aussi vite…. (Les pompiers saluent de la main et sortent.) Dites, Mademoiselle, ce laboratoire est sans fenêtres et était fermé à clé de l’intérieur. Comment expliquez-vous qu’il ait pu sortir ?

 

LISE

Moi j’en sais rien, je me pose pas ce genre de questions.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Gendarme, allez à la voiture et appelez la scientifique. Qu’on examine la maison de fond en comble !

 

GENDARME

Bien chef !

(Il sort.)

 

L’ADJUDANT-CHEF

Mademoiselle, comment vous appelez-vous ? (Il prend des notes.)

 

LISE

Lise Martin.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Et que faites-vous ici, chez monsieur Delmont ?

 

LISE

Ben vous voyez, je suis aide à domicile envoyée par le CCAS de la mairie. Je lui prépare ses repas et je fais le ménage.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Vous venez tous les jours ?

 

LISE

Ben oui.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Depuis longtemps ?

 

LISE

Ça fait trois ans.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Et vous vous entendez bien avec monsieur Delmont ?

 

LISE

Ben oui, il est gentil, poli, jamais un mot de travers…

 

L’ADJUDANT-CHEF

Et ?… C’est tout ?

 

LISE

Faut dire que des fois, je le trouve un peu bizarre, mais je devrais peut-être pas vous dire ça…

 

L’ADJUDANT-CHEF

Veuillez préciser !

 

LISE

Un peu gaga si vous voyez ce que je veux dire, C’est un ancien professeur, un physicien à ce qu’on dit, quelque chose comme ça. Paraît qu’il travaillait dans un laboratoire en Suisse. Mais tout ça, ça me regarde pas.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Et alors ?

 

LISE

Et alors rien. Il dit toujours qu’il fait ses recherches. Des fois, il est tout excité, il dit des mots que je comprends pas. En plus il est pas très bavard. Moi je cherche pas à savoir, je me mêle pas des affaires des autres, parce que vous savez, dans notre métier, on en voit des vertes et des pas mûres. Alors si on se met à cancaner…

 

L’ADJUDANT-CHEF

Des recherches ici, dans son laboratoire ?

 

LISE

Ben oui, là, c’est marqué sur la porte.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Vous y êtes déjà entrée ?

 

LISE

Ah ! Jamais ! Monsieur me l’avait formellement défendu !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Pour quelle raison, à votre avis ?

 

LISE

Est-ce que je sais ? Moi, je fais ce qu’on me dit, un point c’est tout, je cherche pas à comprendre comme je vous l’ai déjà dit, parce que si on commence… Y a ma copine Camille, c’est comme ça qu’elle a perdu son boulot, alors moi…

 

L’ADJUDANT-CHEF

Oui, oui, bon. Donc, tous les appareils qui sont là, vous ne les aviez jamais vus avant ?

 

LISE

Je peux regarder mieux ?

 

L’ADJUDANT-CHEF

Je vous en prie.

 

LISE

Ben dites-donc ! Quelle installation ! Non, j’avais jamais vu ça ! Qu’est-ce que ça peut bien être ?

 

L’ADJUDANT-CHEF

La scientifique nous le dira. Vous habitez le village ?

 

LISE

Oui, 15 rue Labiche.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Depuis combien de temps ?

 

LISE

Ça fait dix ans.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Seule ?

 

LISE

Ben oui.

 

L’ADJUDANT-CHEF

De la famille ?

 

LISE

Mes parents se sont tués dans un accident de voiture quand j’avais deux ans. C’est ma tante qui m’a élevée. Elle est morte l’an dernier. Elle habitait Lille.

 

L’ADJUDANT-CHEF

J’en suis désolé pour vous. Un fiancé ?

 

LISE

Dites-donc, ça vous regarde pas !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Mademoiselle, tout me regarde ! Il y a peut-être eu meurtre. Alors je réitère ma question : avez-vous un fiancé ?

 

LISE

Un meurtre ? Vous me faites peur !… Oui, je sors, enfin je sortais, avec Julien Thibodeau, le fils du charcutier, mais c’est fini depuis une semaine.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Vous vous êtes disputés ?

 

LISE

Il a une maîtresse, j’ai appris ça la semaine dernière, ça vous va ? L’institutrice en plus qu’habite juste à côté de chez moi !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Hum… Et monsieur Delmont, a-t-il de la famille ?

 

LISE

Oui, un neveu qui vit en Amérique, dans le Nevada, un nom comme ça. Il travaille là-bas dans un restaurant.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Son nom ?

 

LISE

Gontrand Delmont. Depuis trois ans que je suis là, je l’ai jamais vu. C’est Monsieur Delmont qui va le voir, une fois par an, mais lui, il téléphone toutes les semaines, même que je lui ai parlé plusieurs fois, pas plus tard que dimanche dernier. Il a l’air bien gentil comme ça au téléphone. Avant de vous appeler, je lui ai téléphoné, mais il y avait que le répondeur. Tenez, sa photo est là.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Cette photo en communiant , c’est lui ?

 

LISE

Oui, il devait avoir douze ans.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Et maintenant ?

 

LISE

Oh ! J’en sais rien, vingt-cinq ou vingt-six.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Vous le connaissez bien ?

 

LISE

On peut pas dire ça. Un tout petit peu…

 

L’ADJUDANT-CHEF

Bien, nous allons le prévenir. Personne d’autre, vous êtes sûre ?

 

LISE

C’est tout ce que je sais. Mais Monsieur me disait peut-être pas tout. Je vous ai dit qu’il était pas très causant.

 

(Entre le gendarme.)

 

LE GENDARME

Ça y est, chef, les gars de la scientifique sont là dans une demi-heure.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Parfait. Faites un tour des bâtiments et attendez-les. Moi je file à la gendarmerie avec Mademoiselle.

 

LISE

Mais j’ai rien fait, moi !

 

L’ADJUDANT-CHEF

C’est pour mettre par écrit votre déposition. Allons, venez !

 

LISE

En voilà des manières !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Dois-je vous rappeler que vous êtes la dernière personne à avoir vu monsieur Delmont vivant ? Cela fait de vous le principal suspect dans cette affaire ! Allons, venez ! (Il la prend par le bras.)

 

LISE

Mais lâchez-moi, je peux marcher toute seule ! Ah !

 

(Ils sortent.)

 

RIDEAU

 

Scène III

 

(Même lieu, le lendemain. Le couvert est encore sur la table, la vaisselle sur l’évier. Entre Lise, très énervée. La pendule indique 16h.)

 

LISE

(Pour elle-même.)

Si c’est pas malheureux ! En liberté surveillée, qu’ils ont dit ! Moi qu’ai rien fait , en liberté surveillée ! Ah ! Le monde marche sur la tête ! Bon, c’est pas tout ça, faut ranger maintenant. Et ce bon pot-au-feu qui est resté là depuis deux jours et qui va être perdu ! Quelle gâchis !

(Elle se met au travail.)

Tiens, elle me fiche la trouille, cette famille. (Elle regarde sa montre.) Quatre heures déjà ! Vivement que j’aie fini de ranger ! Et Gontrand qui arrive de Paris tout à l’heure ! Faut pas qu’il trouve la cuisine dans cet état… Tout ça, c’est des histoires à me faire perdre ma place, mais je me laisserai pas faire ! Tiens, je vais allumer la télé, ça sera moins glauque !

 

(Sur l’écran apparaît le visage de Paul Delmont.)

 

PAUL DELMONT

Ah ! Quand même ! Bonjour Lise. Je me demandais quand vous alliez enfin allumer cette fichue télévision ! Ça va ? Vous allez bien ?

 

LISE

C’est… C’est vous, monsieur ?

 

PAUL DELMONT

N’ayez pas peur, c’est bien moi. Je suis désolé vraiment pour ce qui s ‘est passé…

 

LISE

Mais, mais je… (Elle tombe assise sur la chaise.)

 

PAUL DELMONT

Lise, écoutez-moi. Ne cherchez pas à comprendre. Vous allez faire ce que je vous dis et tout ira bien. D’accord ?

 

LISE

D’accord monsieur…

 

PAUL DELMONT

Bien. Mes recherches ont enfin abouti, je suis très content, seulement il y a eu un petit problème… Et vous, de votre côté ?

 

LISE

Oh ! Monsieur… je sais plus ! Voilà que je suis accusée de meurtre maintenant ! C’est terrible !

(Elle pleure.)

 

PAUL DELMONT

Vous avez tué quelqu’un ? Mais c’est impensable ! Et qui donc ?

 

LISE

Vous !

 

PAUL DELMONT

Moi ? Mais je suis bien vivant !

 

LISE

Ça, faudrait le prouver !

 

PAUL DELMONT

Je vois. C’est à cause de ma disparition, on croit que…

 

LISE

Ben oui…

 

PAUL DELMONT

Ne pleurez pas, ça va s’arranger. Ecoutez-moi bien : si j’ai disparu de mon laboratoire, c’est que je me suis téléporté, vous saisissez ?

 

LISE

Télé… quoi ?

 

PAUL DELMONT

Téléporté. C’est de la physique quantique. Oui, c’est un peu compliqué, je l’avoue. Personne n’avait réussi jusqu’à ce jour, et j’y suis parvenu, c’est merveilleux ! Enfin l’aboutissement de cinquante ans de recherches ! On peut maintenant se déplacer instantanément d’un endroit à un autre du monde, plus vite que la lumière, vous comprenez ?

 

LISE

Bof ! Comme ça… Et là, vous êtes où ?

 

PAUL DELMONT

Je ne sais pas.

 

LISE

Vous ne savez pas ?

 

PAUL DELMONT

Non, c’est là qu’est le petit problème. Vous voyez bien sur l’écran ce brouillard qui m’entoure. Eh bien je suis dans le brouillard !

 

LISE

Mais où ? Sur une route, dans une ville, dans une forêt ? Vous pourriez demander à quelqu’un…

 

PAUL DELMONT

Je suis nulle part, je flotte… J’ai l’impression de voler. Mais ne faites pas cette tête-là, tout ira très bien quand j’aurai la formule.

 

LISE

Ben évidemment, la formule… J’y comprends rien ! Parce que vous me voyez, là, maintenant ?

 

PAUL DELMONT

Bien sûr ! Le téléviseur est équipé d’une minuscule caméra. Lise, j’ai besoin de vous : cette formule se trouve dans un livre à couverture bleue rangé sur une étagère en entrant à droite, dans le laboratoire. Vous n’aurez qu’à l’ouvrir à la page 19 et me le montrer face à la caméra. Dites, vous voulez bien ?

 

LISE

Ben oui, monsieur, j’y vais. Je sais pas ce que je fais, mais j’y vais.

 

(Elle revient avec le livre et le place ouvert devant l’écran.)

 

PAUL DELMONT

Merci. Ah ! Mais oui, c’était çà ! Suis-je distrait ! J’avais oublié cette variable. Merci beaucoup Lise. Je n’ai plus qu’à la rentrer dans mon transmobile et tout va rentrer dans l’ordre. La vie est belle, youpi ! Encore merci, Lise, à bientôt ! Ah ! J’oubliais : pas un mot de tout cela à quiconque, n’est-ce pas ? Il y va de ma vie ! Pas un mot !

 

(L’écran s’éteint.)

 

LISE

De votre vie ? Ben, où il est parti ? On me l’avait encore jamais faite, celle-là ! Oh ma tête ! Ça tourne. Lise, qu’est-ce qui t’arrive ? Vite, j’ai besoin d’un petit remontant, là, tout de suite !

 

(Elle ouvre un placard, en sort une bouteille de cognac et en verse dans le verre qui se trouvait déjà sur la table. Elle boit. Entre un homme, furieux.)

 

L’HOMME

Ben dites-donc, ne vous gênez pas ! Faites comme chez vous !

 

LISE

Oh ! Pardon. Monsieur Gontrand… C’est que je suis un peu…

 

L’HOMME

Vous êtes qui d’abord ? Et qu’est-ce que vous faites là ?

 

LISE

Je suis l’aide ménagère de votre oncle. Je suis en train de ranger la…

 

L’HOMME

Vous m’avez plutôt l’air de flémarder, ma fille! Mon oncle était bien trop bon avec vous ! Allez, fichez-moi le camp, je veux plus vous voir !

 

LISE

Z’êtes pas obligé d’être grossier ! Au téléphone, vous étiez plus gentil !

 

L’HOMME

Non mais, vous l’entendez, la greluche ! Allez, ouste, dehors, alcoolique, du balai ou je t’en mets une !

 

LISE

Bon, bon, ça va, je m’en vais. Pas besoin de s’énerver ! Abruti ! (Elle finit le verre et sort.)

 

(Entre Max.)

 

MAX

C’est qui la nana qui vient de sortir ?

 

L’HOMME = KEVIN

La bonniche, t’occupe ! Merci d’être venu, Max. On ne sera pas trop de deux pour fouiller la bicoque. Allons-y ! Dépêchons !

 

(Tous deux se mettent à fouiller, ouvrent les placards, renversent tout.)

 

KEVIN

Toujours rien ?

 

MAX

Non.

 

KEVIN

Je me demande où il l’a caché son magot, ce vieux fou ! T’as regardé dans le labo ?

 

MAX

Oui, y a rien. Mais ces appareils, ça vaut des sous peut-être…

 

KEVIN

Faut voir. Regarde dans la cheminée, moi j’inspecte le parquet, on sait jamais.

 

MAX

T’es si pressé que çà ?

 

KEVIN

La question, c’est que le fric, j’en ai besoin à la fin du mois.

 

MAX

Dette de jeu, encore ?

 

KEVIN

Ouais. Et les types à Lukas, tu les connais, c’est pas des marrants !

 

MAX

Si on trouve rien, on pourrait peut-être cuisiner la bonniche ? En plus elle a l’air pas mal…

 

KEVIN

On verra ça. Bon, tu causes ou tu cherches ?

 

MAX

Ça va, t’énerve pas !

 

(Ils continuent à chercher.)

 

RIDEAU

 

 

 

Scène IV

 

(Même décor, mêmes personnages. La pendule indique 18h 10.)

 

KEVIN

Deux heures qu’on cherche, et toujours que dalle ! C’est pas possible ! (Il donne un coup de pied dans la chaise.)

 

MAX

On a tout fouillé… Dans le jardin peut-être.

 

KEVIN

Oui, on va y aller voir, mais y a aussi autre chose qui me trotte dans la tête: la bonniche, je suis sûr que si on la cuisinait une peu…

 

MAX

Je te l’avais dit ! En douceur quand même…

 

KEVIN

Évidemment ! Tiens, comme elle a l’air de t’avoir tapé dans l’œil, tu pourrais t’en charger ! Tirons-nous !

 

(Entrent les deux gendarmes.)

 

L’ADJUDANT-CHEF

Gendarmerie Nationale ! Ce sont les voisins qui ont entendu des bruits suspects et qui nous ont prévenus. Et je vois que nous ne nous sommes pas dérangés pour rien ! Que s’est-il passé ici ? Qui êtes-vous messieurs ?

 

KEVIN

Je suis… le neveu de monsieur Delmont, Gontrand Delmont et voici mon ami Max Goyonsky.

 

L’ADJUDANT-CHEF

En effet. C’est vous qui avez mis cette pagaille ?

 

KEVIN

Nous ?… Ah non ! C’est la bonne. La pièce était dans cet état quand nous sommes arrivés.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Comment pouvez-vous affirmer que c’est la bonne qui a tout mis sens dessus dessous ?

 

KEVIN

Ben parce qu’elle était là quand nous sommes arrivés. Je l’ai chassée immédiatement.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Lise Martin ?

 

KEVIN

Oui. Nous on n’a rien fait, pas vrai Max ?

 

MAX

Rien, on arrive juste.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Et vous a-t-elle dit pourquoi elle avait mis ce désordre ?

 

KEVIN

Non, elle était complètement saoule. Tenez la bouteille de cognac et le verre sont encore sur la table. Je ne sais pas ce qui lui est passé par la tête !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Bien, nous verrons tout cela. Gendarme, posez les scellés sur la porte. Quant à vous messieurs, je vous demande de ne pas quitter la ville. J’aurai besoin de votre témoignage pour l’enquête.

 

KEVIN

Et la bonne ?

 

L’ADJUDANT-CHEF

Je vais l’envoyer chercher pour l’interroger.

 

(Ils sortent.)

 

RIDEAU

 

Scène V

 

(A la gendarmerie. L’adjudant-chef et un gendarme.)

 

L’ADJUDANT-CHEF

Mademoiselle Martin, à quelle heure avez-vous quitté le domicile de monsieur Delmont ?

 

LISE

Vers 16 h 30, quand l’autre abruti, là, le neveu m’a chassée. Je le retiens celui-là ! Ça m’apprendra à me méfier des gens ! Moi qui disais qu’il était sympa !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Et quand vous êtes partie, la maison était en parfait état, tout était à sa place ?

 

LISE

Ben oui, à part du rangement qui restait à faire à la cuisine, le pot-au-feu, un peu de vaisselle dans l’évier…

 

L’ADJUDANT-CHEF

Vous êtes certaine de l’heure ?

 

LISE

Oui, même que vous pourrez demander à Corinne, la postière. Je suis passée lui raconter ce qui m’était arrivé. C’est une copine. Fallait absolument que je parle à quelqu’un.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Nous vérifierons. Gendarme, veuillez vous en occuper tout de suite. Mademoiselle, vous affirmez donc que ce n’est pas vous qui avez mis la maison à sac ?

 

(Le gendarme sort.)

 

LISE

Évidemment ! Pourquoi j’aurais fait ça ?

 

L’ADJUDANT-CHEF

Vous aviez bu !

 

LISE

Deux gouttes de cognac… je me sentais épuisée après tous ces événements. Vous pouvez comprendre !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Si l’on veut. D’après vous, qui a fouillé la maison ?

 

LISE

Je dirais bien que c’est les deux zigotos, mais j’ai pas de preuves.

 

L’ADJUDANT-CHEF

Pourquoi l’auraient-ils fait ?

 

LISE

Sais pas. Ils devaient chercher quelque chose…

 

L’ADJUDANT-CHEF

Mademoiselle Martin, veuillez patienter dans le couloir. Je vous rappellerai tout à l’heure.

(Elle sort. L’adjudant-chef s’adresse au gendarme qui vient d’entrer.)

Dupérier, qu’est-ce que vous en pensez ?

 

GENDARME

Lise Martin a quitté la maison vers 16h 30, au moment où elle en a été chassée par le neveu, c’est confirmé par la postière, or ce dernier affirme être juste arrivé peu de temps avant nous, c’est à dire à 18h 15. Il ment, c’est évident ! Qu’ont fait les deux individus entre 16h 30 et 18h 15 ?

 

L’ADJUDANT-CHEF

Je partage votre avis, Dupérier. D’ailleurs l’un comme l’autre ne sont pas très nets, vous allez voir. 

Faites entrer ce Gontrand Delmont s’il vous plaît !

(Entrée de Kévin alias Gontrand.)

Monsieur Delmont, vous allez être déféré au parquet ainsi que votre ami Max Goyonsky pour cambriolage au domicile de monsieur Delmont, faux témoignage et bien d’autres charges que je vais vous énumérer tout à l’heure !

 

KEVIN

Mais on n’a rien fait ! C’est la bonniche qui nous a tout mis sur le dos, hein, c’est ça ? Et vous la croyez ! On est innocents, on venait juste d’arriver !

 

L’ADJUDANT-CHEF

C’est faux ! Vous avez eu deux heures pour fouiller la maison, D’ailleurs vos empreintes vous trahissent, je viens de recevoir le rapport de la scientifique. Et puis de toute façon, votre bon ami Max Goyonsky a tout avoué.

 

KEVIN

Le salaud ! Je savais bien qu’on pouvait pas compter sur lui ! Je lui avais pourtant dit de la fermer ! Il va entendre parler de moi, celui-là !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Ainsi vous avouez, Kévin Moutard ! Kévin Moutard, alias l’Anguille ! Car c’est bien ainsi que vous vous appelez, n’est-ce pas ? Kévin Moutard, fils du buraliste de Cressac, recherché pour escroquerie, vol en bande organisée, grivèlerie et embrouilles en tous genres ? Vous vous faites passer pour le neveu de monsieur Delmont, vous fouillez sa maison à la recherche de je ne sais quoi… Dois-je en conclure que c’est vous qui l’avez tué ?

 

KEVIN

C’est du délire ! J’ai tué personne !

 

L’ADJUDANT-CHEF

On peut savoir ce que vous cherchiez ?

 

KEVIN

 

L’ADJUDANT-CHEF

Répondez, Moutard !

 

KEVIN

Je veux voir un avocat !

 

L’ADJUDANT-CHEF

C’est votre droit. Considérez-vous donc en garde à vue à partir de cet instant.

Gendarme, emmenez-le !

 

KEVIN

Et Max, il est où, l’ordure ? Je veux le voir, ce bouffon !

 

L’ADJUDANT-CHEF

Il est en cellule. Je ne l’ai pas encore interrogé. (L’adjudant sourit.)

 

KEEVIN

Ah ! C’est pas vrai !

 

DUPERIER

Bien joué, chef !

 

L’ADJUDANT-CHEF

(A Moutard) Eh oui, mon vieux, vous vous êtes fait avoir ! Cette fois vous êtes cuit ! Merci Dupérier. Vous ferez ensuite entrer mademoiselle Martin.

 

DUPERIER

Bien chef.

 

 

(Dupérier sort avec Gontrand.)

 

RIDEAU

 

Scène VI

 

(L’appartement de Lise. Lise, assise sur son canapé, feuillette nerveusement un magazine. Le téléphone sonne.)

 

LISE

Allô ? Qui ? Ah ! C’est vous monsieur ! Figurez-vous que je commençais sérieusement à m’inquiéter… Si vous saviez ce qui se passe ici ! Comment ? J’entends mal. Que j’allume le poste de télévision ? Oui. Voilà, c’est fait. Ah ! Je vous vois ! Attendez, je monte le son.

 

PAUL DELMONT

Bonjour Lise. Vous allez bien ?

 

LISE

Oui, ça va mieux. Les gendarmes m’ont relâchée, mais Moutard et son copain, eux, ils sont en prison !

 

PAUL DELMONT

Qui est ce mouchard ?

 

LISE

Pas Mouchard, Moutard, le fils du buraliste de Cressac !

 

PAUL DELMONT

Et alors ?

 

LISE

Ils sont arrivés dans l’après-midi. Le Moutard, moi je le connaissais pas, je l’ai pris pour monsieur Gontrand ; Ben dites-donc ! Ils ont tout démoli chez vous. Sans doute qu’ils cherchaient quelque chose, mais ils n’ont rien trouvé, c’est l’adjudant qui me l’a dit.

 

PAUL DELMONT

Je crois savoir ce qu’ils cherchaient…

 

LISE

De l’argent, des bijoux ? Remarquez, ça ne me regarde pas…

 

PAUL DELMONT

De l’argent ! L’an dernier, j’ai gagné au loto plusieurs millions d’euros. Je ne sais pas comment ils ont pu en avoir connaissance… Quoique, à la réflexion, j’avais pris mon ticket à Cressac, chez ce Moutard, le buraliste et père de ce voyou…

 

LISE

Cherchez pas plus loin : le père aura vendu la mèche au fils, et voilà ! Ces Moutard, c’est tous des voyous. Ils sont comme ça dans la famille, pas un pour rattraper l’autre ! Avec votre disparition qui a été annoncée dans les journaux, le Kévin aura rappliqué et pensant que la maison était vide et il en a profité pour y faire une petite visite ! Pas plus difficile que ça. Remarquez que c’était pas très malin de sa part. Il aurait dû se douter que la maison était surveillée !

 

PAUL DELMONT

Vous avez sans doute raison. Mais ils ne trouveront rien ! La somme est dans le coffre d’une banque à Genève.

 

LISE

Mais vous, monsieur, où êtes-vous ?

 

PAUL DELMONT

Moi ? Je suis à Moscou pour l’instant, tout à l’heure j’étais à Venise et l’instant d’avant à New York. C’est merveilleux, si vous saviez ! J’aurais dû vous emmener avec moi !

 

LISE

Monsieur, c’est bien joli tout ça, mais vous m’avez mis dans un drôle de pétrin ! Je suis soupçonnée de meurtre et et on m’a dit à la mairie que j’allais perdre mon travail ! Alors moi, je ne sais plus quoi faire. Il faut que vous reveniez, et vite !

 

PAUL DELMONT

Évidemment, je n’avais pas pensé à tout cela… Si j’ai disparu de manière aussi inattendue, c’est un accident. L’expérience est allée plus vite que prévu, et je n’ai eu le temps de prévenir personne. Bon, écoutez, je suis chez moi dans une heure, le temps de passer à la gendarmerie expliquer ma disparition.

 

LISE

Mais il y a les scellés sur la porte. Il y aura peut-être même des journalistes. Hier j’en ai vu quatre qui m’ont posé des tas de questions.

 

PAUL DELMONT

Je saurai être discret, soyez tranquille. A propos, vous ne leur avez pas parlé de…

 

LISE

Ben non, j’ai fait comme vous m’aviez dit, je ne leur ai pas parlé de la téléchose, j’ai dit que je comprenais rien à ce qui était arrivé. Ils m’ont cru je pense…

 

PAUL DELMONT

Vous avez bien fait. Je me sens surveillé depuis quelque temps. Mes recherches intéressent certaines puissances étrangères, figurez-vous. Il y va de la sûreté nationale Bon, je vais arranger tout cela avec la gendarmerie et je vous retrouve à la maison, d’accord ? Officiellement, on dira que je perds la tête. De plus, il y a dans le laboratoire une trappe secrète qui s’ouvre avec un mécanisme à code. Personne n’aura pu la trouver. Je dirai que je me suis échappé par là et que j’ai erré dans la campagne durant tout ce temps. On me croira sans peine. De plus, je sais que dans le quartier les gens me surnomment Tournesol ! (Il rit.) Vous le saviez, n’est-ce pas ?

 

LISE

C’est à dire que… Ben oui, monsieur, tout le monde vous appelle comme ça, mais c’est dit gentiment. Alors il y a une trappe secrète ? C’est comme dans les romans, alors ?

 

PAUL DELMONT

Oui, enfin si l’on veut, je vous montrerai. A tout à l’heure, Lise !

 

LISE

Bon ben, à tout à l’heure, monsieur.

 

(Elle raccroche le téléphone et éteint le téléviseur.)

 

RIDEAU

 

Scène VII

 

(Lise et le professeur finissent de ranger la maison.)

 

LISE

Ah ! j’en peux plus !

 

PAUL DELMONT

Moi non plus. Vous avez raison, Lise, asseyons-nous un moment. Vous voulez boire quelque chose ?

 

LISE

Un verre d’eau, ça ira. Et vous ?

 

PAUL DELMONT

La même chose. (Ils boivent.)

 

LISE

Monsieur Gontrand va arriver bientôt ?

 

PAUL DELMONT

Oui, son avion s’est posé il y a deux heures à Roissy, il ne devrait plus tarder maintenant.

 

LISE

Je suis contente qu’il vienne.

 

PAUL DELMONT

Moi aussi. Voici trois ans qu’il n’est pas venu ici. Au fait, vous ne l’avez jamais vu ?

 

LISE

Non, et je le regrette…

 

PAUL DELMONT

Mais je reviens à notre affaire : Lise, je suis vraiment désolé de vous avoir mise dans cette situation…

 

LISE

Oh ! Vous savez, tout est arrangé maintenant. Je suis plus soupçonnée et je garde mon travail, alors pour moi ça va. J’ai juste eu une sacrée frousse !

 

PAUL DELMONT

Bien sûr, bien sûr, mais tout cela est de ma faute… Si j’avais su ! Au fait, je vous avais parlé de cette somme d’argent que j’avais gagnée eu loto, eh bien, Lise, je vous en donne la moitié pour me faire pardonner. Cela doit tourner autour des quatre millions d’euros. L’autre sera pour Gontrand.

 

LISE

Oh ! Monsieur, je… Je … (Elle s’évanouit.)

 

PAUL DELMONT

Lise, Lise, revenez à vous ! (Il la secoue. Elle ouvre les yeux.) Lise, allons, parlez-moi ! Ça va, maintenant ?

 

LISE

Ça va, mais ça fait un choc ! Je sais pas quoi dire… Merci monsieur… mais je ne sais pas si je dois accepter…

 

PAUL DELMONT

Et pourquoi donc ?

 

LISE

C’est beaucoup d’argent quand même !

 

PAUL DELMONT

Mais vous le méritez ! Et je suis vieux, je n’en ai pas besoin. Depuis trois ans vous vous occupez de moi et de la maison, vous faites le ménage et la cuisine comme personne. Lise, vous êtes parfaite ! Alors ne dites rien et acceptez ! Je serais vexé autrement.

 

LISE

Je veux pas vous vexer, monsieur. Alors merci… Merci !

 

PAUL DELMONT

Laissons cela, n’en parlons plus. Je ferai le transfert demain. (Elle lui saute au cou.)

 

(Entre Gontrand.)

 

GONTRAND

Bonjour ! Oh ! Pardon.

 

PAUL DELMONT

Gontrand, mon petit ! Entre !

 

GONTRAND

Je ne voudrais pas vous…

 

PAUL DELMONT

Oh ! Gontrand ! Que vas-tu imaginer ? Tu m’as regardé, à mon âge ? Lise me remerciait juste pour quelque chose que je te dirai tout à l’heure et qui te fera plaisir aussi, enfin je crois… Alors, tu as fait bon voyage ?

 

GONTRAND

Oui, oui. Je suis venu le plus vite possible à la suite de l’appel de la gendarmerie et du vôtre, Lise. J’étais très inquiet. Heureusement, l’adjudant-chef m’a mis au courant par téléphone de la conclusion de l’affaire. Tout se termine bien.

 

PAUL DELMONT

C’est vrai, mais nous avons frôlé la catastrophe ! C’est Lise surtout qui a le plus pâti de ma négligence.

 

LISE

Oh ! Monsieur, c’est du passé maintenant, n’en parlons plus !

 

GONTRAND

Alors, tonton, si je comprends bien, tu as réussi ta téléportation ? C’est génial !

 

PAUL DELMONT

En effet, mais maintenant je me demande à la réflexion si je vais publier le résultat de cette recherche. Tu te rends compte des conséquence sur l’ordre du monde ?

 

GONTRAND

Ça demande réflexion, en effet…

 

LISE

Ben moi je vais vous laisser . Vous voulez que j’aille vous acheter deux pizzas ?

 

GONTRAND

Allez en chercher trois et restez dîner avec nous !

 

PAUL DELMONT

Gontrand a raison. Comme cela, vous aurez l’occasion de faire connaissance tous les deux. Vous savez, Lise, que Gontrand me parle souvent de vous !

 

LISE

Oh ! Monsieur !

 

GONTRAND

A force d’entendre vanter vos qualités par mon oncle, j’avais aussi très envie de vous connaître ! Cela vous dirait-il de venir en Amérique ?

 

LISE

En Amérique ?… Mais j’y pense, l’épicerie est fermée aujourd’hui, c’est lundi.

 

GONTRAND

Eh bien nous irons ce soir au restaurant !

 

PAUL DELMONT

Bonne idée, mon garçon !

 

LISE

Ben après tout ça, faut que je bouge, moi, que je me dépense. Je vais laver par terre , et après je ferai les vitres!

 

PAUL DELMONT

Vous n’y songez pas ! Il est tard, et puis vous êtes épuisée.

 

LISE

Non, je vais faire la poussière alors ! Juste un peu, s’il vous plaît !

 

PAUL DELMONT

Comme vous voudrez. Tiens, j’y pense, si vous y tenez, allez donc épousseter un peu mes appareils dans le laboratoire, ils en ont grand besoin.

 

LISE

Mais monsieur m’avait interdit…

 

PAUL DELMONT

Cela, c’était avant, mais maintenant le laboratoire n’a plus de secret pour vous !

 

(Elle va dans le laboratoire.)

 

GONTRAND

Elle est très bien, tu ne trouves pas ?

 

PAUL DELMONT

Oui, oui, et puis sérieuse, honnête, travailleuse…

 

GONTRAND

Et bien jolie…

 

PAUL DELMONT

Je te vois venir ! Ta question, tout à l’heure, c’était sérieux ?

 

GONTRAND

Tu sais, avec Lise, nous parlons très souvent au téléphone. Tu ne t’en aperçois pas parce que tu es dans ton laboratoire. C’est une fille adorable, et maintenant que je l’ai vue…

 

PAUL DELMONT

(Riant) Tu ne vas pas me la voler quand même ?

 

GONTRAND

Sait-on jamais ? D’autant plus que j’ai une proposition très intéressante pour venir travailler auprès d’un grand chef de la région.

 

PAUL GELMONT

C’est une excellente nouvelle. !

 

GONTRAND

Mais que fait Lise ? On n’entend plus aucun bruit.

 

PAUL DELMONT

Lise ! Vous devriez arrêter, il est tard, vous finirez demain !

(Pas de réponse.)

Lise ! Vous m’entendez ?

 

GONTRAND

Lise !

(Rien)

 

PAUL DELMONT

Lise ! (Il se lève et va dans le laboratoire.)

Lise ! Où êtes-vous ? Lise !

(Il revient à la cuisine puis retourne dans le laboratoire.)

Ça alors ! Je ne la trouve nulle part. Lise ! Répondez !

 

(Lise riant sortant du laboratoire.)

Ah ! Vous voilà ! Mais où étiez-vous passée ?

 

LISE

C’est mon secret ! J’ai bien le droit de disparaître de temps en temps moi aussi, pas vrai ?

 

RIDEAU

 

FIN

 

Alain Gautron

2013

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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